J’ai hésité pendant longtemps.

Je voulais continuer mon activité sans parler du coronavirus.

Non pas parce que j’ignorais la situation…

mais parce que tout le monde en parlait déjà.

Mais j’ai plus le choix.

Je me trouve en Ukraine en ce moment.

Le gouvernement a décidé de fermer les frontières et les portes des lieux publics.

C’est bien normal.

J’ai de la chance pour l’instant…

Ici, il n’y a que 3 cas « officiels » de Corona recensés à ce jour.

Hier, je me baladais dans les rues de Lviv.

Les rues étaient presque vides.

Quelques personnes faisaient la queue à la porte des pharmacies et des banques.

C’était une vision apocalyptique.

Une atmosphère étrange, mélange de peur, d’incompréhension et de paranoïa.

Malheureusement, ce n’est pas la première fois que je faisais l’expérience de cette atmosphère étrange.

La première fois, c’était en 2014.

À l’époque, j’effectuais une mission de volontariat en Crimée.

Je t’ai déjà raconté que c’est à cette époque que j’avais appris le russe.

Mais il y a une chose dont je ne t’ai jamais parlé…

En 2014, je me suis retrouvé en pleine révolution ukrainienne et en guerre contre la Russie.

Je ne pensais pas t’en parler un jour…

Mais hier, en me baladant dans les rues désertes de Lviv…

J’ai eu une impression de déjà vu…

Quand la révolution ukrainienne a éclaté en 2014 je me trouvais alors dans la ville de Sébastopol en Crimée.

Alors, que les regards étaient tournés vers Kiev et la révolution de la place Maïdan…

Les Russes ont profité de l’occasion pour prendre possession de la Crimée.

Exactement là où je me trouvais.

Personne ne comprenait ce qui se passait.

Les rues de Sébastopol sont rapidement devenues désertes.

Quelques personnes faisaient la queue à la porte des pharmacies et des banques.

Il régnait alors une atmosphère de peur, de paranoïa et d’incompréhension.

C’est là que j’ai fait l’expérience d’un nouveau phénomène.

Tout le monde avait les yeux rivés sur leurs écrans.

Facebook et VK (l’équivalent de Facebook dans l’ancien bloque soviétique) étaient devenus le médium de la désinformation.

Du jour au lendemain tout le monde était devenu expert en phénomène géopolitique.

Tout le monde partageait son opinion et donnait des conseils.

Plus les posts jouaient avec la peur, plus ils étaient partagés et likés.

En quelques heures…

Ce sont des milliers de posts VK et Facebook, d’articles et de vidéos apocalyptiques qui sont apparus.

Tellement qu’il était impossible de cerner le vrai du faux.

Même les médias avaient l’air de jouer le jeu de la surenchère de la peur.

On pouvait lire absolument tout et son contraire.

Les ragots sont alors devenus plus forts que la Vérité.

C’est à cette époque que je suis devenu un vrai « sceptique ».

Je ne sais pas exactement quelle est la situation aujourd’hui en France…

Mais même si les circonstances sont différentes, les conséquences sont semblables.

Facebook et internet sont devenus la plateforme de la « junk information » et de la désinformation.

Tellement qu’il est devenu très difficile de cerner le vrai du faux.

Ici, le résultat est le même qu’en 2014.

On voit ressurgir une vague de peur, d’incompréhension et de paranoïa collective.

L’illusion du savoir est là.

Et il est facile de se faire avoir.

On peut facilement prendre pour vrai une fausse information.

C’est pourquoi il faut faire attention…

Il est primordial de rester informer.

Mais il est encore bien plus primordial de connaître la source de ces informations.

Prends-soin de toi,

– François,